Au 1ᵉʳ avril 2026, la nouvelle régulation tarifaire ATRT entrera en vigueur, entraînant des ajustements visant à optimiser les coûts d’exploitation et d’investissement des gestionnaires de réseaux.
Le tarif d’accès aux réseaux de transport de gaz naturel (ATRT) est un élément clé du marché de l’énergie en France. Il définit les coûts liés à l’utilisation des infrastructures de transport, assurant ainsi l’acheminement sécurisé du gaz aux fournisseurs et aux consommateurs.
Puisque les gestionnaires de réseau comme NaTran (ex-GRTgaz) et Teréga détiennent un monopole naturel sur les « autoroutes du gaz », c’est la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) qui fixe et régularise ce tarif de manière stricte pour protéger l’intérêt des utilisateurs.
Le saviez-vous ?
L’ATRT représente environ 5,9% de votre facture Gaz.
Mise à jour de l’ATRT au 1er avril 2026 : +3,41%
Pour l’échéance de 2026, le tarif augmente de +3,41 %. C’est le paradoxe de la transition énergétique : plus nous consommons moins, plus le coût unitaire du transport augmente.
La baisse des volumes : Les réseaux de gaz sont des infrastructures lourdes avec d’immenses coûts fixes. Comme les Français isolent leurs logements et passent à l’électrique, le volume de gaz transporté diminue. Il faut donc répartir les mêmes coûts d’entretien sur moins de mètres cubes vendus.
Le facteur « K » : C’est le coefficient d’ajustement utilisé par la CRE pour compenser cette baisse d’activité et garantir que NaTran et Teréga puissent continuer à assurer la sécurité du réseau.
Le 1er avril 2025 : Une baisse technique de l’ATRT
Au printemps 2025, le tarif de transport pur a affiché une légère baisse de -0,67 %.
Pourquoi ? Cette baisse est principalement due au remboursement d’un trop-perçu via le CRCP des années précédentes.
Le bémol : Pour le consommateur final, cette baisse a été compensée par une forte hausse du tarif de stockage du gaz. L’effet sur la facture a donc été neutre, voire légèrement haussier.
La période ATRT8 : Un nouveau cycle pour le transport
Nous sommes actuellement dans la huitième période tarifaire, baptisée ATRT8, qui a débuté le 1er avril 2024 pour une durée prévue de quatre ans. Ce cadre régulatoire, défini par la CRE, fixe la feuille de route financière de NaTran (ex-GRTgaz) et Teréga jusqu’en 2027. L’enjeu de cette huitième génération de tarifs est historique : elle doit permettre aux gestionnaires de maintenir la sécurité d’un réseau dont la consommation baisse, tout en finançant les investissements massifs nécessaires à l’intégration des gaz renouvelables.
Au-delà du transport : L’ATRD et l’ATRS
Si l’ATRT finance les « autoroutes » du gaz, deux autres composantes régulées par la CRE viennent compléter le coût d’acheminement sur votre facture :
L’ATRD (Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution) : Ce tarif rémunère les gestionnaires des réseaux de proximité, principalement GRDF. C’est l’étape finale : le passage du gaz des grandes canalisations haute pression vers les compteurs individuels des foyers et des entreprises. Comme pour le transport, ce tarif est calculé pour couvrir l’entretien des tuyaux locaux et la relève des compteurs.
L’ATRS (Accès des Tiers aux Réseaux de Stockage) : Le gaz ne peut pas être produit à la demande en fonction du froid. L’ATRS finance donc les infrastructures de stockage souterrain (gérées par Storengy ou Teréga). Ce tarif permet de constituer des réserves durant l’été afin de garantir que chaque Français puisse se chauffer durant les pics de consommation hivernaux.

