1. Électricité : Entre fiscalité accrue et baisse de l’abonnement
Le volet électrique est marqué par un arbitrage entre la taxe sur la consommation et la taxe sur l’acheminement.
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Relèvement de l’accise sur l’électricité (ex-TICFE) : Au 1er février 2026, les tarifs normaux de l’accise ont été revalorisés pour intégrer notamment le financement des surcoûts dans les zones non interconnectées (ZNI). Les nouveaux niveaux s’établissent à :
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30,85 €/MWh pour les petits consommateurs (≤ 36 kVA), soit une hausse de 2,9 %.
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26,58 €/MWh pour les entreprises et profils > 36 kVA (+3 %).
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Baisse de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) : Pour limiter l’impact de la hausse précédente, la CTA a été abaissée de manière significative au 1er février, passant de 21,93 % à 15 %. Cette baisse entraîne une réduction mécanique de la part « abonnement » de la facture, offrant un léger contrepoids à l’augmentation du prix du kWh consommé.
2. Gaz naturel : Une pression fiscale renforcée
La trajectoire de décarbonation se poursuit avec une augmentation du coût d’utilisation des énergies fossiles.
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Relèvement de l’accise sur le gaz (ex-TICGN) : À compter du 1er février 2026, l’accise sur le gaz naturel atteint 16,39 €/MWh (incluant la majoration ZNI). Cette hausse de 6,22 % impacte directement les coûts d’exploitation des entreprises et des ménages, proportionnellement à leur consommation réelle.
3. Les dispositifs structurants de janvier 2026
Ces ajustements fiscaux de février viennent s’ajouter aux nouveaux mécanismes de fond activés dès le 1er janvier 2026.
Le Versement Nucléaire Universel (VNU)
Le VNU remplace officiellement l’ARENH. Désormais, 100 % des volumes d’électricité sont achetés aux conditions du marché. Bien que le VNU prévoie un mécanisme de redistribution si les prix dépassent certains seuils (78 €/MWh et 110 €/MWh), les projections indiquent que ce mécanisme n’aura que peu ou pas d’effet sur les factures de 2026 et 2027 compte tenu de la stabilité actuelle des prix de gros.
Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) – La Période 6
La sixième période des CEE a débuté avec des ambitions nettement relevées, ce qui pèse sur la facture via les fournisseurs. On observe une hausse des coefficients d’obligation de :
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+53 % pour l’électricité.
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+71 % pour le gaz. Si cela augmente la part « contributions » sur la facture, cela améliore également les primes disponibles pour financer les travaux de performance énergétique.
Certificats de Production de Biogaz (CPB) – Période 1
La première période des CPB impose désormais aux fournisseurs de gaz d’intégrer une part de gaz renouvelable (biométhane) dans leurs offres (particuliers et tertiaires). Ce soutien financier à la filière française du biogaz crée une nouvelle ligne de coût structurelle sur les factures, indépendante des fluctuations du prix du gaz de marché.

