Électricité : Une baisse des tarifs réglementés pour février 2026

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Maxime Giumelli

Annoncée de longue date comme un levier majeur pour le pouvoir d’achat des Français, l’évolution des Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité (TRVE) au 1er février 2026 déçoit. Entre mécanismes fiscaux contradictoires et ajustements techniques, la baisse réelle sur la facture des ménages sera quasi imperceptible.
TRVE CRE

Le verdict est tombé : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une évolution des tarifs réglementés de seulement -0,83 % TTC en moyenne au 1er février 2026. Pour un ménage consommant 4,5 MWh par an, cela représente une économie annuelle dérisoire de 9 euros.

Un décalage flagrant avec les annonces gouvernementales

On est loin de la baisse « significative » espérée par les consommateurs et suggérée par les discours officiels ces derniers mois. Si les prix de gros de l’électricité sur les marchés ont effectivement reculé, plusieurs facteurs sont venus « gommer » cet effet bénéfique :

  1. L’échec de la baisse de l’accise : Faute d’accord parlementaire, la réduction massive de la taxe principale (l’accise sur l’électricité) n’a pas été adoptée. Pire, celle-ci va mécaniquement augmenter au 1er février, passant de 29,98 € à 30,85 €/MWh.

  2. La hausse des coûts d’EDF : La fin du dispositif ARENH et l’augmentation des coûts liés aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pèsent lourdement sur la composante « commercialisation » des tarifs.

  3. Un jeu de dupes fiscal : La baisse de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA), qui réduit le prix de l’abonnement d’environ 5 %, est presque totalement annulée par la hausse de l’accise sur la consommation.

Vers une réforme des options tarifaires

Au-delà du prix, la CRE profite de cette échéance pour accélérer sa réforme des habitudes de consommation. Dès le 1er février 2026, l’option « Base » sera supprimée pour les clients résidentiels ayant une puissance souscrite entre 18 et 36 kVA en métropole. Ces foyers seront automatiquement basculés vers l’option Heures Pleines / Heures Creuses (HP/HC) d’ici un an s’ils ne changent pas de contrat.

Cette mesure vise à inciter les Français à décaler leur consommation vers les périodes de forte production solaire ou de faible demande, mais elle complexifie encore davantage la compréhension des tarifs pour le grand public.

Conclusion : Un signal purement symbolique

En résumé, malgré une stabilité affichée, cette mise à jour tarifaire ressemble davantage à un ajustement technique qu’à une réelle mesure de soutien. Pour les 19,75 millions de foyers encore au tarif réglementé, l’heure n’est pas encore au soulagement financier. La « promesse » d’une baisse marquée de la facture d’électricité semble désormais reportée à des jours meilleurs, laissant un goût amer face à une inflation qui, elle, ne marque pas de pause.

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